Culture : La danse d’une aventure ambiguë au pays de cocagne

La pérennité d’un pays de cocagne est une évidence….pas toujours. La danse version spirituelle et bien sûr distrayante. Un livre prémonitoire sous forme de choc des civilisations. Voici les trois points culturels qui ont attiré notre attention.

Saaraba, la pérennité du pays de cocagne

Paris, 18 arrondissement, entre Château rouge et Barbès, le quartier de la Goutte d’or. Un îlot d’Afrique en pleine capitale française. C’est le lieu de Saaraba, un espace dédié aux cultures noires. Saaraba, c’est le pays de cocagne, dans l’imaginaire wolof. Pourtant la pérennité de ce centre culturel africain de Paris qui ne porte pas son nom est menacé à cause des problèmes de trésoreries. Un concert y a été organisé ce samedi 19 février pour récolter des fonds. Les artistes Disiz La Peste, Sally Nyolo, Seydina Wade, Princess Erika, Désiré Sankara et tant d’autres sont venus se produire gratuitement dans un élan de solidarité. Sylvie Cerfeuille et Nago Seck, gérants de Saaraba, estiment qu’à l’instar de ce qui se fait dans les autres capitales occidentales, ce lieu a une véritable légitimité. On ne saurait que leur donner raison.

« Kaay Fecc »

L’association « Kaay Fecc » (viens danser, en wolof), pour ses dix ans, va organiser un festival de danse du 2 au 5 juin 2011 au centre culturel Blaise Senghor à Dakar. Le thème de cette année: de la terre vers le ciel. Deux analyses pour ce thème.

D’abord, il peut reprendre la pensée de Platon.

Dans l’élan de la danse, le corps se projette vers le haut (ciel) pour se libérer de la pesanteur terrestre qui l’empêche de prendre son envol. En effet, la danse permet de se libérer de l’emprise de la terre et de se projeter dans la spiritualité. Cet élan de la terre vers le ciel est un mouvement de liberté.

Le deuxième point que nous pouvons associer plus prosaïquement au thème renvoie vers la distraction, l’amusement pour oublier les soucis de la vie. « Qui dit proches te dit deuils car les problèmes ne viennent pas seuls, qui dit crise te dit monde, qui dit famine et dit tiers-monde, qui dit fatigue dit réveil, encore sourd de la veille… alors on danse » chantait Stromae, jeune artiste d’origine belgo-rwandaise.

La 6 édition de « Kaay Fecc » va accueillir plusieurs pays invités à venir danser de la terre vers le ciel.

Livre: L’aventure n’est plus ambiguë

« L’aventure ambiguë » a 50 ans. Le livre prémonitoire de Cheikh Hamidou Kane publiait en 1961 est fêté durant tout ce mois de février. Retour sur quelques éléments évoqués qui a permis à l’auteur de remporter le grand prix de la littérature d’Afrique noire en 1962.

L’universalisme et l’humanisme du parcours de Samba Diallo, le héros, est au coeur de l’ouvrage avec comme toile de fond la question d’envoyer, dans un petit village, les enfants à « l’école du blanc ». Un dilemme pour beaucoup de familles africaines confrontées au choix entre la tradition et l’entrée inéluctable dans la modernité dans un contexte historique des années 50-60. L’ouverture à « l’école moderne » permettra au personnage principal de séjourner en France et de se poser des questions existentielles sur le choc des civilisations cher Samuel Huntington, un autre observateur des enjeux culturels qui se déroulent sous nos yeux.

A lire et relire, les thèmes abordés restent toujours d’actualités.

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